Patrick DUSSERT-GERBER MET A L'HONNEUR CETTE SEMAINE
LA PASSION DE MARC ROUGEOT |
Coup de cœur
Domaine Marc ROUGEOT
“À force d’être dans mes vignes, je ressens intensément le végétatif, ses poussées, son stress...
Être en symbiose et travailler au quotidien dans son vignoble, c’est déjà agir, en grande partie, sur la qualité du vin, précise Marc Rougeot, qui représente la sixième génération à reprendre le domaine, à Meursault.
La vigne et moi, c’est une grande histoire d’amour, une relation très forte, une relation privilégiée, une éthique de vie, une vraie philosophie.” |

“Je suis venu travailler aux côtés de mon père en 1975. J’ai eu un vrai coup de foudre pour le métier de vigneron. Jusqu’en 1978, nous vendions le vin en gros, on commençait tout juste à embouteiller. Mon père menait de front trois activités : le Domaine qui comptait 24 hectares à l’époque, il était le fermier du Château de Meursault, et dirigeait son entreprise de travaux publics et la Mairie de Meursault, il a donc apprécié que je m’occupe des destinées du vignoble.
Le Domaine Rougeot s’étend sur une quinzaine d’hectares dans différentes appellations : Saint-Romain, Monthélie, Meursault, Pommard, Volnay et sur des appellations régionales, Bourgogne Blanc et Bourgogne Rouge. Je produis à peu près autant de vins blancs que de vins rouges.
Nous travaillons avec un sens aigu de l’observation, beaucoup d’humilité, du bon sens mais aussi beaucoup de passion. Je suis un homme de terrain, je vis en harmonie avec mon environnement, nous connaissons tellement les réactions de nos vignes que l’on cultive bien sûr en lutte raisonnée depuis longtemps. On essaye de minimiser les engrais, on fait notre propre compost... Je mets un point d’honneur à rentrer des vendanges à pleine maturité et très saines, je vous avoue que je prends souvent des risques, je commence à couper le raisin, quand bien souvent d’autres ont fini !
La vinification s’effectue traditionnellement , ainsi les fermentations alcooliques se font “en masse”, sous contrôle des températures. Les lies se retrouvent en suspension et le vin se nourrit plus intensément. Puis, c’est la mise en barriques, avec une légère proportion de bois neuf, 15% maximum. L’élevage s’effectue, en fonction de la typicité du millésime, durant 9 à 18 mois.
Je considère que le travail le plus important est en amont. Il n’y a pas de mystère, si le raisin est ramassé sain et à maturité, l’élevage se fait tout seul. Je suis contre “l’interventionisme” à tout prix.
Comme pour les rouges, les vendanges des vins blancs sont très soigneuses, tri à la cueillette puis passage sur la table de tri. Fermentation préfermentaire à froid, je n’incorpore pas de levure, je laisse évoluer tout doucement, naturellement. Les fermentations durent environ 20 jours puis s’ensuit l’élevage au calme dans mes caves, sous la maison.
Les terroirs de Blancs
Les Meursault Charmes sont idéalement exposés plein sud, les autres sont situés dans la ceinture du village de Meursault, dans des terres plus profondes, cela donne des vins plus riches, plus gras, plus intenses, avec peut-être un peu moins de minéralité que des Meursault de coteaux qui sont des vins plus gourmands.
Le Monthélie blanc est très bien exposé, le vin est très délicat, un régal dans ce millésime 2006, qui est très envoûtant, le vin est gras, généreux, dense, complexe.
Le Clos des 6 ouvrées est une parcelle dans le prolongement de la maison, en plein cœur du village. C’est un Bourgogne blanc 2006 formidable, dommage que je n’en produise que 1800 bouteilles, car on m’en demande beaucoup plus ! Il a une belle personnalité, tout en étant vineux il est plus entier, franc, il a véritablement le style d’un Meursault sans en avoir l’appellation.
Le Saint-Romain “La Combe Bazin” 2004 se goûte très bien, le vin est extrêmement minéral, rond, très dense, soyeux avec beaucoup de complexité, un très beau millésime. Le 2006 ressemble beaucoup au 2004 avec une expression du terroir encore plus forte dûe à la très belle exposition des vieilles vignes (75 ans). C’est un vin net, précis, complet, typé, avec une belle ossature.
Le Monthélie “Les Toisières” 2006 est un vin presque féminin tellement il est en dentelle, très élégant, très fin, d’un équilibre très subtil et raffiné.
Le Meursault “La Monatine” 2006 est un vin riche, gras, qui présente beaucoup de densité. Cela est dû à ma manière de vinifier les vins, tout en douceur. On retrouve des arômes mentholés, gage de qualité et de fraîcheur, d’équilibre et de grande complexité surtout.
Plus typé, le Meursault Charmes Premier Cru 2006 offre des arômes plus intenses, c’est un grand vin, alors que ”Les Grandes Gouttes” 2006 et 2007 sont des vins friands en une appellation régionale, qui se trouve à la limite de Meursault et Puligny.
En 2007, les conditions ont été difficiles, le travail a été assidu dans les vignes, il fallait maîtriser en permanence l’état sanitaire des vignes. Grâce à un changement climatique début septembre, avec le retour du grand beau temps, le mûrissement des raisins s’est achevé dans des conditions idéales. Ce sera un millésime qui remerciera le vigneron qui s’est bien occupé de lui. Les vins blancs sont vifs, nerveux. J’ai vendangé le 7 septembre, les raisins étaient arrivés au bout de leur cycle de maturité. Les vins rouges sont sur le fruit, d’une belle robe, on peut sincèrement penser avoir d’agréables surprises quant à la finalité de ce millésime.
Les terroirs de Rouges
Le Pommard “Cuvée Henri Rougeot” 2006, du nom de mon grand-père, a des tanins bien présents, de savoureux arômes de fruits confits.
Le Volnay Santenot Premier Cru 2006 est un vin très structuré, presque plus que le Pommard. Cela vient de l’exposition de cette parcelle, à mi-coteaux. C’est un vin de garde avec des tanins présents, qui s’exprime pleinement au bout de 6 ans. Comme je coupe les raisins à maturité, je n’ai aucun souci pour la couleur de mes vins qui est toujours bien soutenue, c’est un vin très fin, élégant, subtil.
“La Lamerose” est une appellation régionale Bourgogne rouge, située à l’entrée de Meursault venant de Beaune. Le 2006 est très fruité, un vin franc, pur, avenant, un vin de soif. Le Passetoutgrains “Les Vercherres” 2007 est très friand, généreux.
Enfin, j’ai créé, avec mon épouse, une société de négoce Rougeot-Dupin (Dupin étant son nom de jeune fille). Nous travaillons en relation très proche avec deux ou trois propriétaires uniquement en Grands Crus : Richebourg, Romanée Saint-Vivant, Clos de Vougeot, Échezeaux, Grand Échezeaux.... cela me permet d’aborder la vinification sous un autre angle, j’ai beaucoup appris avec ces vignerons. Je fais aussi de l’élevage, j’achète les raisins que je vinifie et élève ensuite.
Notre grande satisfaction est que la prochaine génération semble s’intéresser au Domaine et à notre Maison de négoce Rougeot-Dupin.” |
LA PASSION DE MARC ROUGEOT
Rue André Rapiteau
21190 Meursault
Téléphone : 03 80 21 20 59
Télécopie : 03 80 21 66 71
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NOS COUPS DE CŒUR DE LA SEMAINE
Château PUYFROMAGE
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Toujours au sommet. Un vignoble de 45 ha et un remarquable Bordeaux Côtes-de-Francs 2005, tout en charpente, d’une belle ampleur, bien équilibré, qui sent les fraises des bois et l’humus, de bouche charpentée et souple à la fois, de très bonne garde. Beau 2003, aux tanins puissants et soyeux à la fois, au nez intense, complexe, d’une belle finale en bouche. Savoureux 2002, aux arômes de petits fruits rouges mûrs avec des notes de cannelle. Philippe Marque 33570 Saint-Cibard Téléphone :05 57 40 61 08 Télécopie :05 57 40 66 46 Email : puyfromage@wanadoo.fr |
BARDOUX Père et Fils
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Très bien classé. Un vignoble familial de 4 ha (18 parcelles) bénéficiant d’un sous-sol allant d’une structure siliceuse à argilo-calcaire au fur et à mesure que l’on s’élève jusqu’au tertre de Saint-Lié. Belle cuvée de l’An 2000, de jolie robe dorée, un Champagne structuré, fin et riche à la fois, très parfumé, avec des notes de tilleul et de miel, de mousse abondante. Le brut Millésimé 98 (le 2000 suit) est parfumé, d’une grande élégance, est très harmonieux en bouche, au nez complexe (abricot, brioche), à déboucher sur des crevettes flambées, par exemple. Le 97 est tout en structure, équilibré, complexe, un vin généreux, où l’on retrouve des nuances de citron et de miel en finale. Pascal Bardoux 5-7, rue Saint-Vincent 51390 Villedommange Téléphone :03 26 49 25 35 Télécopie :03 26 49 23 15 Email : contact@champagne-bardoux.com
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PETRUS
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 Il y a bien sûr ce grand et classique 2004, dans la lignée de ces sublimes 2001 et 99, envoûtants de délicatesse. Le 2000 est magistral, mariage subtil des épices, de la truffe et des fruits macérés, ample et solide, riche en couleur comme en structure, aux tanins très équilibrés, persistant, qui parvient à peine à maturité. Mon ami (de 30 ans) Jean-François Moueix est le propriétaire de ce cru mythique. Cultivant l’humour et la discrétion comme d’autres le snobisme et l’esbroufe, il poursuit une politique exemplaire, qualitative certes, mais aussi commerciale, puisque c’est lui, et lui seul, qui vend Petrus (le cas est unique ici), notamment au travers de sa prestigieuse maison Duclot, ou de ses nombreuses autres entreprises (boutiques l’Intendant et Badie à Bordeaux, Châteaux Cash & Carry en région parisienne…). On ne peut contester que Petrus fait partie de la petite poignée des plus grands vins rouges du monde, et des 3 ou 4 plus grands crus bordelais, à un prix lui aussi hors normes, certes. C’est l’archétype des grands crus où le terroir crée cette osmose exceptionnelle avec le cépage et les hommes et on comprend qu’il ne puisse qu’aiguiser la jalousie d’un bon nombre de producteurs médiatiques, libournais, médocains ou étrangers, qui ne peuvent, eux, faute de terroir et d’humilité, que se contenter de faire mariner à outrance leur vin dans des barriques en croyant qu’ils font une cuvée digne de ce nom… La surconcentration n’est pas un gage de grand vin et l’élevage abusif en fûts neufs non plus (Petrus n’en utilise que 50% en moyenne). Superficie : 11,4 hectares (95% Merlot, 5% Cabernet franc, argiles noires gonflantes). Environ 30 000 bouteilles. Un terroir unique (butte à 40 m d’altitude sur le fameux plateau de Pomerol aux argiles profondes sur un lit de crasse de fer) sur lequel le cépage Merlot s’épanouit de manière exceptionnelle, lié à une approche viti-vinicole respectueuse des aléas naturels. Fidèle à lui-même, ce Pomerol 2004 est splendide, dans la grande tradition bordelaise, et l’on ne peut que regretter que ce millésime se situe entre les 2005 et 2003, la mode risquant de le laisser à l’écart. Il dévoile toute sa subtilité, sa complexité, alliant une grande distinction à une matière pleine, un millésime extrêmement charmeur, onctueux, puissant, corsé et souple à la fois, d’une structure de “cathédrale”, très élégant, très riche en arômes avec cette note de truffe fraîche qui le caractérise. L’archétype du vin rare, qui se dévoile dans le temps. À ses côtés, ce 2003, un vin dense, tout en harmonie, riche au nez, avec ces notes de mûre et d’humus, et des nuances de cuir et de pruneau en bouche, aux tanins fermes mais toujours très savoureux, de grande garde. Le 2002 , chaleureux, très charpenté mais très élégant, est de robe intense, aux nuances de vanille et de cassis, un vin racé et corsé, concentré au nez comme en bouche, très équilibré. 2001 : truffe, fruits macérés, humus… sont les premières sensations de ce très grand vin, le “velours” à l’état pur, où cette structure impressionnante sait se fondre dans une distinction incroyable, qui lui confère un potentiel d’épanouissement réellement exceptionnel, de très grande garde. 2000 : puissance et distinction, chaleur et ampleur, une très grande complexité d’arômes (cuir, griotte confite…), un vin d’une grande harmonie, d’une très belle matière en bouche, majestueux, de très grande garde. 99 : la saveur même. Complexe et gras, aux tanins présents, riche et parfumé en bouche, un beau vin charnu, charmeur, qui fleure les épices et les fruits frais, alliant puissance et finesse, dont le velouté est très caractéristique des vins de Pomerol. 98 : exceptionnel. D’un très grand classicisme, de couleur intense avec des senteurs de truffe, de champignon, un côté animal, de cuir, vraiment superbe, encore jeune, complexe, de lente évolution. 97 : remarquable. De robe pourpre foncé, aux arômes prononcés de musc, de truffe, de fraise des bois, aux tanins soyeux, de bouche généreuse, un vin très savoureux.
Jean-François Moueix Duclot - Rue Macau 33027 Bordeaux Cedex Téléphone :05 56 50 25 62 Télécopie :05 56 50 85 07
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VIGNOBLES FRANCOIS MUHLBERGER
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